Par Unseen Brewing Co. | Collaborations | Lecture : ~5 min
Les houblons néo-zélandais ont redessiné la palette aromatique de la bière moderne : raisin blanc, lime, fruits tropicaux — des profils qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Pour notre premier anniversaire, nous sommes allés les chercher à la source, chez Freestyle Hops, ferme indépendante de la région de Nelson, pour brasser Hop Juice #1, #2 et #3 : une NEIPA à 6,5 %, une DIPA à 8,3 % et une TIPA à 9,8 %. Et parce qu'une collab ne se limite pas à un logo partagé sur l'étiquette, nous avons aussi rejoint leur programme de feedback brasseurs.
Freestyle Hops : une ferme indépendante dans la vallée de la Moutere
Freestyle Hops naît en 2016, quand Dave Dunbar et Mike Stone reprennent une ferme houblonnière de Sunrise Valley, à Upper Moutere — au nord de l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande. La parcelle n'a rien d'anonyme : Bruce Eggers y a cultivé du houblon pendant plus de cinquante ans, sur des graviers argileux que la région de Nelson travaille depuis un siècle et demi, depuis que des immigrants allemands y ont planté les premières lianes à côté des vignes.
Ce qui distingue Freestyle, ce n'est pas la nostalgie — c'est la méthode. Tout est cultivé, récolté, séché et transformé sur place, et la ferme a été la première à relier systématiquement ses données de terrain (parcelle, fenêtre de récolte, conditions de l'année) au feedback sensoriel structuré des brasseurs qui utilisent ses houblons. Résultat concret : un même Motueka récolté tôt donne une lime zestée et florale ; récolté tard, il bascule vers le tropical.
Si les noms de leurs partenaires vous parlent — Hill Farmstead, Garage Project, Other Half — c'est normal : Freestyle fournit quelques-unes des brasseries les plus pointues du monde. Et une seconde ferme, en lisière du parc national Nelson Lakes, explore un terroir où le houblon n'avait jamais été cultivé.
Houblons néo-zélandais vs houblons américains : deux philosophies
Les houblons américains de la vallée de Yakima ont défini l'IPA moderne : pamplemousse, résine, pin — des volumes énormes et des profils calibrés, reproductibles d'une année à l'autre. Les houblons néo-zélandais jouent une autre partition : une fraction confidentielle de la production mondiale, des variétés riches en thiols (ces composés aromatiques que vous connaissez du sauvignon blanc) et une expression qui change selon la parcelle et la semaine de récolte, comme un vin. Ni hiérarchie ni opposition : Citra, l'américain, joue d'ailleurs les renforts dans Hop Juice #1 et #3 — une colonne vertébrale familière sur laquelle les variétés kiwi improvisent. Le Nelson Sauvin, lui, vous l'avez déjà croisé chez nous : il signait la finale de Clear Cut, notre West Coast IPA.
Les houblons des trois Hop Juice : de Wai Iti à Waimea
Hop Juice #1 (NEIPA, 6,5 %) repose sur le Wai Iti, une variété faible en acides alpha mais saturée d'huiles aromatiques : mandarine, lime, pêche blanche. Le Nectaron pousse le curseur tropical — ananas, fruit de la passion — pendant que le Citra pose l'assise agrumes que vos papilles connaissent déjà.

Hop Juice #2 (DIPA, 8,3 %) est notre lettre d'amour au Nelson Sauvin, le houblon qui goûte le sauvignon blanc : raisin blanc, groseille à maquereau, une pointe vineuse. À ses côtés, Manilita — une sélection expérimentale issue des parcelles d'essai « amplificateurs de thiols » de la ferme de Sunrise Valley : zeste de pamplemousse rouge, fruits rouges, un éclat presque bonbon. Une variété si récente qu'elle n'a pas encore de fiche officielle complète.

Hop Juice #3 (TIPA, 9,8 %) convoque le Waimea — mandarine confite, pin, une puissance taillée pour les bières denses — et le citron-lime zesté du Motueka, avec Citra de nouveau en soutien.

Trois bières, trois expressions du même terroir : délicate, vineuse, massive.
Cold-Pressed Hop Juice : le procédé qui donne son nom à la trilogie
Chaque bière contient le Cold-Pressed Hop Juice de sa variété phare. Le principe : des cônes fraîchement récoltés, jamais séchés, pressés à froid directement à la ferme, puis congelés. Pensez à la différence entre du basilic frais et du basilic séché : le séchage en kiln — indispensable pour conserver le houblon — évapore au passage une partie des composés les plus volatils, précisément ceux qui sentent le fruit frais. Le jus pressé à froid les capture avant qu'ils ne s'échappent. Dans le verre : du Wai Iti (#1), du Nelson Sauvin (#2) et du Waimea (#3) version récolte, comme si la cuve était garée au milieu de la houblonnière. La Nouvelle-Zélande récolte en mars-avril — notre printemps : ces trois bières embouteillent la fraîcheur d'une vendange de l'autre hémisphère, brassée à la CoHop, à Bruxelles.
C'est aussi là que le partenariat devient concret. Membres du programme de feedback brasseurs de Freestyle, nous documentons chaque lot — arômes au pellet, comportement en dry hop, résultat dans la bière finie — et renvoyons ces données à la ferme, où elles nourrissent les choix de la récolte suivante. Goûter, mesurer, transmettre : la boucle est bouclée.
Hop Juice #1, #2, #3 : la trilogie anniversaire version Unseen
Le nom n'est jamais gratuit chez nous, et celui-ci fait double service : « hop juice », c'est le surnom que la scène craft donne aux IPA juteuses — et c'est, littéralement, le Cold-Pressed Hop Juice qui coule dans chacune des trois recettes. Trois « heavy hop juices » pour un premier anniversaire, avec une gradation d'ABV délibérée : 6,5 %, 8,3 %, 9,8 %. Même direction aromatique, intensité croissante — trois étages d'une même maison.
#1, la NEIPA, est la porte d'entrée : nez mandarine-ananas, corps souple porté par l'avoine et le blé, finale juteuse. #2, la DIPA, densifie : raisin blanc et pamplemousse rouge au nez, bouche plus pleine, cette tension vineuse que seul le Nelson Sauvin délivre. #3, la TIPA, assume ses 9,8 % : mandarine confite et résine, corps massif mais finale étonnamment sèche — l'alcool porte l'aromatique, il ne l'écrase pas. Les trois en 33 cl, brassées à la CoHop (Bruxelles), pensées à Assesse.
C'est une trilogie pour les curieux qui veulent goûter ce qu'un terroir change dans une bière — pas un anniversaire qui s'autocélèbre. Juteuse, progressive, assumée. C'est ça, Unseen.
FAQ
Quelle différence entre NEIPA, DIPA et TIPA ?
Les trois appartiennent à la famille des IPA juteuses et troubles. La NEIPA tourne autour de 6–7 % d'alcool. La DIPA (Double IPA) monte vers 8–9 %, avec davantage de malt et de houblon. La TIPA (Triple IPA) dépasse les 9 % : plus de tout, et l'équilibre devient le vrai défi. Hop Juice #1, #2 et #3 suivent exactement cette échelle : 6,5 %, 8,3 %, 9,8 %.
Pourquoi des houblons néo-zélandais plutôt qu'américains ?
Pas « plutôt » — « avec » : le Citra figure dans deux des trois recettes. Mais les variétés néo-zélandaises offrent des profils introuvables ailleurs : thiols expressifs, raisin blanc, lime, fruits exotiques, et une lecture du terroir qui change selon la parcelle et la fenêtre de récolte. C'est cette signature que Freestyle Hops pousse plus loin que quiconque — et qu'on voulait dans nos bières d'anniversaire.
Une TIPA à 9,8 %, c'est forcément lourd et sucré ?
Non. L'alcool élevé vient de sucres fermentés, pas d'un sirop résiduel. Hop Juice #3 finit sec : le corps est dense, mais rien ne colle. Servez-la entre 8 et 10 °C dans un verre tulipe, idéalement à deux — 33 cl de TIPA se partagent très bien.
Où acheter Hop Juice #1, #2 et #3 ?
Les trois bières sont disponibles sur www.unseenbc.com et chez nos bars et cavistes partenaires en Belgique. Ce sont des éditions anniversaire brassées en quantités limitées — une fois épuisées, il faudra attendre la suite. Suivez #unseenbc pour les points de vente et les sorties.

